Pour commencer, il faudra mettre deux choses au clair:
1. Appareil idéologique : L’art de faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
2. Mythe : Naturalise un concept ajouté à une forme qui semble vide, mais qui est pourtant pleine d’un sens, aliéné par celle-ci.
Si on y pense un instant, le mythe peut facilement faire passer une idéologie quelconque par l’entremise des médias par exemple. Revenons alors aux Beatles : le mythe s’approprie quelques faits spectaculaires (de se fait même en laisse quelques uns de côté) et ainsi les jumèles à des concepts tel «Les Beatles sont la bande-son des années 60». Si le mythe est reçu selon la troisième conception, le lecteur confondra alors ces concepts (la forme remplie d’un sens nouveau) ainsi que les faits réels (le sens, qui sera alors déformé). Ce qu’on percevra alors des Beatles ne sera que succès, sans réfléchir ni questionner les faits historiques derrière ces dires. Tout cela paraitra alors naturel : là est le danger.
Voilà le même exemple, transposé cette fois sur l’Allemagne Nazi du milieu du 20e siècle (vulgarisée et simplifiée pour la cause). À long terme, les campagnes de propagande ont réussi à faire croire aux discours d’Hitler : à la manière des Beatles, il sera perçu comme un Dieu pour beaucoup. Hitler s’est approprié quelques faits historiques de l’Allemagne afin de projeter le blâme sur les juifs : le sens dans tout ça est l’histoire réelle de l’Allemagne, la forme vide sera remplie des concepts idéologiques d’Hitler. Le mélange des deux paraîtra totalement naturel, puisque le mythe s’empare de la crédibilité des faits historiques pour les confondre aux différents concepts. La population est longtemps restée silencieuse face à tout ça, puisque l’idéologie s’est bien ancrée grâce à la force du mythe.
Le problème est évidement le facteur ‘naturalisant’ du mythe, transformant l’anti-physis en pseudo-physis. Barthes le résume très bien dans son texte Le mythe, aujourd’hui, «ce que le mythe restitue, c’est une image naturelle de ce réel» et «il organise un monde sans contradictions parce que sans profondeur […], les choses ont l’air de signifier toutes seules». Il rend donc réel, naturel et donc non-questionné ce qui ne devrait pas du tout l’être en fait. C’est là son pouvoir idéologique : si le concept peut être utilisé pour mythifier les événements historiques d’un fait, donc le sens, en l’aliénant et le rendant totalement normal, afin de lui donner volontairement et de façon contingentée une signification nouvelle, dans un but précis.. Alors avec les bons mots et les bons exemples, il serait possible de faire croire n’importe quoi à n’importe qui, non ?
C’est donc là un effet pervers : les citoyens touchés par les mythes en général ne se questionneront pas alors sur les informations reçues et pourront se laisser avoir par plusieurs formes d’idéologies… Pour ce qui est des Beatles, le seul impact relativement négatif serait peut être l’argent gaspillé par les fans aux profits de grande compagnie par exemple. Pour ce qui est des mythes en général, c’est tout autre chose : par exemple l’idéologie mythifiée d’Hitler, ou même Barbie tout simplement. Plus ou moins grand, l’impact reste là, cette nouvelle signification mythique nous suit tous les jours. L’important est de resté critique face aux médias en général (puisque c’est le moyen de communication le plus efficace pour un mythe) et face à tout ce qui peut être porteur de mythe !
