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vendredi 17 décembre 2010

Joyeux Mythe et Bonne Idéologie !


Pour commencer, il faudra mettre deux choses au clair:

        1. Appareil idéologique : L’art de faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

        2. Mythe : Naturalise un concept ajouté à une forme qui semble vide, mais qui est pourtant pleine d’un sens, aliéné par celle-ci.
 
Si on y pense un instant, le mythe peut facilement faire passer une idéologie quelconque par l’entremise des médias par exemple. Revenons alors aux Beatles : le mythe s’approprie quelques faits spectaculaires (de se fait même en laisse quelques uns de côté) et ainsi les jumèles à des concepts tel «Les Beatles sont la bande-son des années 60». Si le mythe est reçu selon la troisième conception, le lecteur confondra alors ces concepts (la forme remplie d’un sens nouveau) ainsi que les faits réels (le sens, qui sera alors déformé). Ce qu’on percevra alors des  Beatles ne sera que succès, sans réfléchir ni questionner les faits historiques derrière ces dires. Tout cela paraitra alors naturel : là est le danger. 

Voilà le même exemple, transposé cette fois sur l’Allemagne Nazi du milieu du 20e siècle (vulgarisée et simplifiée pour la cause). À long terme, les campagnes de propagande ont réussi à faire croire aux discours d’Hitler : à la manière des Beatles, il sera perçu comme un Dieu pour beaucoup. Hitler s’est approprié quelques faits historiques de l’Allemagne afin de projeter le blâme sur les juifs : le sens dans tout ça est l’histoire réelle de l’Allemagne, la forme vide sera remplie des concepts idéologiques d’Hitler. Le mélange des deux paraîtra totalement naturel, puisque le mythe s’empare de la crédibilité des faits historiques pour les confondre aux différents concepts. La population est longtemps restée silencieuse face à tout ça, puisque l’idéologie s’est bien ancrée grâce à la force du mythe. 

Le problème est évidement le facteur ‘naturalisant’ du mythe, transformant l’anti-physis en pseudo-physis. Barthes le résume très bien dans son texte Le mythe, aujourd’hui, «ce que le mythe restitue, c’est une image naturelle de ce réel» et «il organise un monde sans contradictions parce que sans profondeur […], les choses ont l’air de signifier toutes seules». Il rend donc réel, naturel et donc non-questionné ce qui ne devrait pas du tout l’être en fait. C’est là son pouvoir idéologique : si le concept peut être utilisé pour mythifier les événements historiques d’un fait, donc le sens, en l’aliénant et le rendant totalement normal, afin de lui donner volontairement et de façon contingentée une signification nouvelle, dans un but précis.. Alors avec les bons mots et les bons exemples, il serait possible de faire croire n’importe quoi à n’importe qui, non ?

C’est donc là un effet pervers : les citoyens touchés par les mythes en général ne se questionneront pas alors sur les informations reçues et pourront se laisser avoir par plusieurs formes d’idéologies… Pour ce qui est des Beatles, le seul impact relativement négatif serait peut être l’argent gaspillé par les fans aux profits de grande compagnie par exemple. Pour ce qui est des mythes en général, c’est tout autre chose : par exemple l’idéologie mythifiée d’Hitler, ou même Barbie tout simplement. Plus ou moins grand, l’impact reste là, cette nouvelle signification mythique nous suit tous les jours. L’important est de resté critique face aux médias en général (puisque c’est le moyen de communication le plus efficace pour un mythe) et face à tout ce qui peut être porteur de mythe !

mardi 14 décembre 2010

The Beatles, seulement un mythe ?


Sommes-nous tous sous l’emprise d’une image mythifiée des Beatles et de ce fait, avons-nous oublié l’âme du groupe ? Heureusement, pas totalement, puisqu’il y a trois façons de recevoir, de faire la lecture d’un mythe et ce n’est pas dans tous les cas qu’on peut considérer ce dernier comme vraiment mythique. 


Première lecture du mythe ;
                      le sens fait défaillance, mais la forme se tient

La personne qui reçoit le ‘’mythe’’ de cette manière, n’est en fait pas du tout dans un univers mythique. Ce dernier dépourvu de sens, il ne reste que la forme (normalement outil servant à l’aliénation du sens) qui n’a donc plus rien sur quoi tenir ces concepts*. Prenons donc comme exemple notre mythique : les Beatles. Quelqu’un qui ne connait aucunement les Beatles et qui n’en a jamais entendu parler auparavant ne recevra comme information seulement le méta-langage : ce qu’on dit de ‘la chose’, excluant le passé historique et donc, le sens. Il pourra relativement se faire une opinion de la formation comme étant, par exemple, le meilleur groupe de musique au monde (toujours sans connaître leur véritable histoire et surtout sans connaître les fondements de ce raisonnement). Cette personne considèrera alors que le mythe est défaillant, puisque la relation d’aliénation entre le sens et la forme est totalement absente.


* On dira alors que cette lecture du mythe serait apte à des fins de propagande. Puisque si la forme aliène le sens, on peut tomber dans un piège en ne prenant en compte que la forme sans connaître le noyau du mythe, la base de celui-ci. Une population ignorante ou simplement peu informée de l’actualité ainsi que de son passé historique (et donc dépourvu de sens), se laissera facilement convaincre par les concepts mis de l’avant par la forme. . Là est le danger; si on ne connaît pas le sens, et que l’on ne connaît que son dérivé, la forme, on s’éloigne de la vérité.


Deuxième lecture du mythe;  
       le sens est mis de l'avant au détriment de la forme

Cette lecture du mythe est très proche de la lecture qu’un mythologue ferait de ce dernier. Après plusieurs recherches afin d’en apprendre sur l’historique et les ‘’faits fondés’’, le mythologue ne prendra compte que du sens pour mieux en extraire la forme et donc les concepts mythologiques. C'est donc dire que la forme ne parasite plus le sens, puisqu’on distinct complètement les deux lors de cette lecture. Lorsque l'on image une telle situation, on se rend compte que les faits historiques sont la seule chose qui importe et la forme n’a ainsi plus de raison d’être. Par exemple, pour ce qui en est de notre mythe, sans les à-côtés, ce ne sont que quatre gars qui se sont regroupés pour créer de la musique pendant une décennie, qui ont fait une dizaine d'albums et qui se sont séparés parce qu'ils ne s'entendaient plus; on pourrait dire qu’ils étaient au bon endroit, au bon moment. En ayant une réflexion de la sorte, on ne se laisse plus berner par la démesure que la forme amène au sens premier du mythe. On se limite aux faits, à ce qui est arrivé. La forme ne fait plus ombre au sens, qui lui est complètement découvert : ce n’est donc que celui-ci qui importe.

On pourrait imager tout ça avec un jeune enfant ne connaissant que plus ou moins la notion de «groupe de musique» et qui demande à ses parents ‘’qui joue quoi’’ dans les Beatles. Il ne se questionne pas à propos de leur popularité, leur impact, leurs décisions, etc. ; il veut seulement savoir la base, en d'autres mots, le langage objet.

 
Troisième et dernière façon de recevoir le mythe :
                                       fusionnement du sens et de la forme

Lors de cette lecture du mythe, la personne qui reçoit ce dernier confond le signifié des deux langages : le ‘’vrai’’ et ce qu’on dit (ou veut faire dire) du ‘’vrai’’. Tout cela se passera sans trop de questionnements sur le sujet, ce qui est le plus grand danger : puisque le mythe a aussi pour rôle de naturaliser le tout. Ce sera alors perçu comme quelque chose de naturel, qui va de soi. C’est ainsi que le mythe des Beatles reste toujours aussi fort au fil du temps ; ce dernier s’est approprié le sens profond du groupe, son historique, afin d’en faire ressortir un concept volontaire, contingent ainsi qu’arbitraire. Ce concept (le signifié du méta-langage) est aussi très vicieux puisqu’il est l’outil premier pour mythifié certaines caractéristiques du passé d’une chose, en remplissant la forme d’un nouveau sens pour lui donner une toute nouvelle signification. Par exemple, en s’appropriant le nombre incroyable de chansons écrites ainsi qu’albums enregistrés en seulement quelques années, et surtout en excluant certains autres éléments, il a été possible de mythifier les Beatles. Simplement en leur ajoutant un concept élémentaire et surtout cohérent avec le sens du premier langage : les Beatles sont créateurs de succès. Le lien de cohérence entre le sens premier ainsi que la signification donnée par le mythe se doit d’être crédible : ceci rend alors la parole mythique totalement naturalisée. Ainsi on ne questionne plus les fondements du mythe et on se laisse entraîner par celui-ci.

Il ne faut tout de même pas oublier la grande influence des médias qui ont constitué un amplificateur extrêmement puissant au succès des Beatles. S’ils n’avaient jamais abordé le sujet des Beatles ainsi créer /diffuser tous les mythes qui les entourent, ce groupe n’aurait probablement (jamais) pu obtenir une popularité telle quelle est à nos jours.

Pour résumer, le mythe s’est servi de la crédibilité du premier langage, de l’envers des Beatles, qui est totalement objectif et neutre, afin de transférer cette crédibilité à son concept intentionnel (avec un but pleinement idéologique). Le danger dans tout ça, est lorsque ceci est reporté sur un sujet plus susceptible de causer des changements considérables (sur notre comportement en société par exemple)**. Puisqu'oublier le sens, les racines d'un mythe, c’est se laisser berner par ce dernier : se laisser tout bonnement se faire mettre un voile devant les yeux, qui dévisage/déforme la réalité comme elle est.

*Nous le disons ainsi puisque nous ne pensons pas que la mystification des Beatles n'aient eu tant d'impact négative ou nuisible, mis à part la profusion d’un certain style de vie, comportement et mode: une idéologie de paix associée aux Beatles.